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jeudi 5 octobre 2017

Si j'inversais

"I remember less and less, and mostly things that I regret
In my phone are several texts, from girls I've never met
And in the pocket of my jeans, are only coins and broken dreams
My heart is breaking at the seams
And I'm coming apart now" Bibiya Be Ye Ye. Ed Sheeran


Finalement, tous ces profils divers et variés me fatiguent. On en revient toujours à la même chose en définitive.

Qu'ils soient hédonistes et altruistes, menteurs et indécis, surfeurs et joueurs de guitare, sportifs et narcissiques, doux et insaisissables ou d'affreux goujats, pulvérisateurs de coeur, j'ai pas honte de le dire, tous, je dis bien tous, me quittent.
C'est un fait, globalement, parfaitement prouvé et prouvable.
Bon, soit, je pousse, je précipite, souvent, à la rupture mais quand même.
Et à chaque fois, c'est la même histoire, je pique ma crise, je me mets en colère, je dis tout ce qui me passe par la tête, et même si je ne le pense pas.
Ah, voilà, ce mot là, ça va lui faire les pieds, et ça aussi je vais le dire même si c'est pas vrai.
Après, je me calme, je me pose, je me dis que c'est pas si grave. qu'au final, personne n'est irremplaçable et que comme m'a si gentiment dit l'inspectrice, le jour de mon inspection, "ça ne va pas être difficile de retrouver quelqu'un" et paf un clin d'oeil...
Quand j'ai un petit coup de mou, je repense à cette phrase et ça me met en joie.
Quand j'ai un petit coup de mou, je pense aussi à la manière dont je vais me venger de l'inutile, la moche, la vilaine.
Un soir, où j'ai appelé Valérie en pleurant de désespoir, elle a élaboré un plan, ça a duré au moins 2 heures le coup fil, tant elle avait le sens du détail. On est partie dans tous les sens, ficelant, mettant au point notre plan, éclatant de rire grassement toutes les 3 secondes. 
Je ne sais pas si un jour, on le réalisera, je ne sais pas si un jour on grandira. 
Mais toujours est-il que c'est horrible et tellement drôle. Si délirant que lorsque j'ai le cœur au bord des larmes comme souvent, et que je pense à ce projet, je ris toute seule et ça me met du baume au cœur justement.
Et donc cette semaine, je ne te cache pas que j'avais quand même les boules.
J'ai réfléchi, tournant les faits, les hypothèses dans tous les sens. Je me suis une fois de plus promis de ne plus jamais m'attacher à qui que ce soit, puis finalement j'ai compris.
Je me souviens quand j'ai rencontré le goujat, je lui avais dit que je m'étais attachée à tous les garçons avec qui j'étais sortie, que j'y avais cru d'une façon ou d'une autre, et que souvent, pour ne pas dire pour la plupart du temps, je m'étais vautrée.
Puis voilà, c'est con, à 35 ans j'ai compris... Je suis tout simplement amoureuse de l'amour!
C'est donc ça, j'aime l'amour, j'aime les papillons, les palpitations, les jambes qui vacillent, les yeux qui brillent.
Et même si l'homme de passage auquel je m'intéresse, ne me correspond ,mais alors pas du tout, je suis capable de me persuader d'un truc. Je vais me persuader qu'il est gentil, ou qu'il est attentionné et qu'on ne peut pas tout avoir, même si physiquement, c'est pas non plus un rêve éveillé.
Je vais m'émerveiller d'une main caressée, d'un texto à deux balles, ou d'un joli regard, et bloquer sur un détail, n'importe-quoi. Une fois, c'était le parfum, la fois d'après l'humour décapant, puis après la chanson jouée à la guitare, ou les trapèzes.
Je sais que parfois, tu dois te dire que je suis grave, illuminée, voire même irrécupérable, mais peu importe, je suis parfaitement lucide, je sais me remettre en question et ce soir, justement, je sais que je suis comme ça, parce-qu'au final, je suis une femme.
Qu'en serait-il si j'étais un homme, ahaha! 
Je me suis demandée du coup, comment je serais si j'étais un type...
Y a des mecs amoureux de l'amour, comme le menteur indécis, justement, mais ces types là, c'est pas la virilité qui les étouffe, si tu vois ce que je veux dire!
J'ai envie de te dire, oui si j'étais un homme, oh je serais un gentleman, sans hésiter, un mec bien sous tout rapport.
Mais je crois qu'en fait, je serais redoutable... T'imagines, il existe peu d'hommes amoureux de l'amour, à moins d'avoir affaire à Julio Iglesias ou , Enrique même, c'est quand même un trait relativement omni absent de cette chère gente masculine.
Le rêve! Parce-qu'alors si j'ai bien appris quelque-chose, c'est qu'ils sont bien plus détachés et relax que nous (enfin moi).
Donc sans ce trait (j'aimerais dire) génétique plus qu'handicapant, oui je serais impitoyable.
Je ne sais pas si j'enchaînerai les conquêtes, à la manière de l'altruiste, je ne sais pas.
Quoiqu'il en soit, j'envisagerais les relations avec les gonzesses avec un recul, je te raconte pas.
Je me donnerais le loisir d'être difficile, parce-que je serais beau gosse (j'imagine que je ressemblerais à mon fils donc dans trente ans... Un pire beau gosse).
Déjà, ma fossette les ferait toutes tomber comme des mouches.
Je serais attentionné, juste ce qu'il faut, et je serais l'homme qui tombe à pic, ne laissant à aucun moment, ma proie penser que je m'enfiche ou que je butine ailleurs.
L'élégance, la galanterie seraient mes maîtres mots, mais point trop n'en faut.
Je serais fort, très fort, avec un tact, une tchatche, comme t'en as jamais vu.
Un petit côté caméléon, de façon à cumuler les points communs avec Madame. 
Et surtout lorsque je me lasserais, j'arriverais sans trop de soucis à rompre dans la joie et la bonne humeur, sans prendre un tas de remarques merdiques et désobligeantes dans le museau.
J'aurais évidemment du style, je ne m'habillerais pas comme un clodo, comme souvent cela peut arriver.
Et le style, mon style s'adresserait aussi à ma manière de m'exprimer et de me comporter.
Pas question d'avoir mauvaise réputation ou une liste de conquêtes à rallonges.
Je serais drôle, peut-être parfois un peu lourd, mais jamais vulgaire à la Jean-Marie Bigard, quelle horreur.
Je pourrais continuer le tableau des heures, parce que je crois qu'en fait, je suis en train de dresser le portrait de l'homme idéal.
Incorrigible je te dis.
Quoiqu'il en soit, si j'étais un mec, je m'autoriserais pas à pleurer, pour personne.
Plus jamais.

 


samedi 4 mars 2017

Ce que La La Land a fait pour moi

"City of stars
Just one thing everybody wants
There in the bars
And through the smokescreen of the crowded restaurants
It's love
Yes, all we're looking for is love from someone else
A rush
A glance
A touch" City of Stars. La La Land OST

Cette semaine, je me suis enfin décidée à aller voir "La La Land". Les gens avaient l'air tellement enthousiaste. Cela dit, j'appréhendais le fait de trouver le film un peu cucul la nounouille.
J'ai donc demandé son avis, au goujat, le cinéphile, qui passe sa vie au cinéma.
Il m'a illico répondu que poète et fleur bleue comme j'étais, j'allais littéralement être conquise par le film, mais m'a mise en garde.
Tu sais bien que le goujat a toujours un avis éclairé et aiguisé sur tout et cette fois, il s'est positionné en tant que chorégraphe. Il a préféré me prévenir que la prestation dansée de Ryan Gosling est bien en dessous de celle d'Emma Stone. Non mais qu'est-ce qu'on s'enfout!!!?
Certes, peut-être que toi, ça t'intéresse, mais, soyons objectifs, Ryan Gosling reste quand même Ryan Gosling, et même si, d'après le goujat, il danse moins bien que sa partenaire à l'écran, on va lui pardonner.

Lorsqu'un film me plaît ou me marque,j'ai tendance à développer un petit côté monomaniaque et ne  plus penser qu'à ça.
Cet effet s'était produit quand j'étais allée voir "La vie d'Adèle". Je ne pensais plus qu'à ça, je ne parlais plus que de ça. Deux heures après la projection du film, j'en pleurais encore tellement j'avais été émue par l'histoire. J'avais été triste que les gens résument ça à une histoire d'homosexualité, de scènes crues et choquantes. J'avais été désolée qu'on ne puisse pas comprendre que c'était une histoire d'amour, d'une histoire de passion, où chaque jour que Dieu fait, l'on se demande comment on va s'en sortir.
Chaque jour que Dieu fait, on se demande comment on va s'en remettre.
Si je mets la bonne clé dans la serrure, il va revenir. Si le feu passe au vert dans moins de dix secondes, c'est sûr il va revenir. 22h22, vite faut que je fasse un vœu, qu'il revienne.
J'ai trouvé les gens cons de caricaturer le film, de banaliser l'histoire.

"Mon Roi" m'a également beaucoup émue, faut dire ça parle tellement de construction, de destruction, et de reconstruction, que je ne vois pas trop comment j'aurais pu passer au travers du concept et ne pas être dévastée à chaque fois que je le vois. Beaucoup de fois in fact.
Toujours est-il que les films qui me marquent, me terrassent, parlent clairement de mon sujet de prédilection, mon sujet préféré, l'amouuuuuuuur!

Mais que dire sur "La La Land"? Je dirais que ça apporte de la fraîcheur, de l'espoir, du renouveau, et surtout de l'élégance à l'amour;
Cela fait plus d'un an que je suis célibataire, et question élégance, je ne peux pas t'affirmer que j'en ai vu beaucoup; Et je ne parle pas des petites robes cintrées d'Emma Stone.

Finalement, je vais faire mon utopiste.  Et moi, clairement, je rêve d'une histoire à la "La La Land" et je vais t'expliquer pourquoi!
Déjà, dans un premier temps, je crois que si je portais les robes colorées d'Emma Stone, plutôt que mes survets, ça serait peut-être plus fastoche.
Parfois, je me dis que les gens qui ne me connaissent pas, comme les autres parents de la crèche ou de l'école, et qui ne savent pas que je suis prof d'eps, doivent se dire, non mais alors celle-là, zéro effort. Elle traîne toute la semaine en survet et en baskets, elle est même pas coiffée, elle doit pas travailler, et le week-end, lorsque j'amène le nain à un anniversaire, ils ne doivent rien comprendre.

Bref, la garde-robe de l'actrice dans le film, c'est plaisir des yeux. Et s'il n'y avait que ça.
Tout y est, la romance, la musique, le jeu de regards, d'émotions.
Clairement, en sortant du cinéma, j'avais envie de: chanter, de danser, de tomber amoureuse, de revivre une folle passion, et ne mettre que des robes, même pour aller bosser.
Et puis, le film a fait son petit chemin dans ma tête, et forcément j'ai été survoltée.
Voilà! C'est exactement ça que je veux! Bon je l'ai eu, une fois, c'est vrai, mais vois comme ça s'est terminé!
Tu dois te dire que je suis totalement barrée et tu as sans doute raison. Se prendre autant de tartes dans la gueule et continuer d'y croire. Je suis comme ça, je crois. Éternelle idéaliste  et indécrottable romantique.

Moi je pense véritablement que je suis une rescapée, une chanceuse du chagrin d'amour, ça ne m'a pas rendue aigrie, je continue de croire qu'il y a un type qui m'attend quelque-part et que je vais vivre une romance à la "La La Land", oui je me répète.
Et je sais que ce type, il ne se trouve ni sur Tinder, ni sur un autre site de rencontres d'ailleurs.
Ces mecs là ont quand même  une approche dégueulasse, qui nous rappelle qu'on est clairement dans une société de consommation où il faut agir dans l'instantané; et j'en suis, vois tu, considérablement blasée.
Dans le film, la rencontre est quasi fortuite. L’héroïne commence par lui adresser un sublimissime fuck, puis lorsqu'elle tente de lui parler, elle se prend un vent intersidéral.
A sa place, j'aurais déjà été conquise forcément.
Il y a des femmes comme moi, c'est à n'y rien comprendre; qui s'arrêtent toujours sur celui qui va leur tirer les cheveux, au sens imagé, bien entendu. Celui désinvolte, qui, on le sait dès le premier coup d’œil, va nous donner du fil à retordre.
Mais pourquoi donc s'intéresser au prétendant énamouré? C'est tellement mieux d'avoir des vues sur l'indifférent, le suffisant.
Plus sérieusement, je crois fondamentalement qu'on ne se refait pas, et que même à soixante dix balais, lorsque j'irai à des bals de vieux, je continuerai de m'intéresser à celui qui ne me voit pas ou qui me parle mal.
J'ai vraiment un petit vélo dans la tête, cela dit, nous sommes nombreuses dans ce cas là, toi aussi, allez assume!
Bref, ça commence comme ça, alors comment ne pas se reconnaître et ne pas être déjà folle amoureuse du regard froid, supérieur et cynique de Ryan?
Comment ne pas avoir envie de tenter de le balader par la suite?
Parce-que, oui, vous les Ryan en puissance, qui me lisez, faut pas croire! Faites pas trop les malins! La tendance finit toujours s'inverser.
Et là, tout y est, Elle est forte Emma, très forte!
Ryan finit par la retrouver. Et ça me fait penser à un truc tiens.  Toutes les fois où je me suis demandé si le type allait me rappeler oui ou non.Ma copine Julie dit que lorsqu'un mec veut te revoir, il s'arrange toujours pour te retrouver, ou te le faire savoir. et je trouve que c'est plutôt vrai.
Donc clairement, lorsqu'il ne te rappelle pas, ce n'est pas qu'il a cassé son portable ou qu'il lui est arrivé un truc incroyable, c'est qu'il en a rien à cirer, et là, ma biche, c'est NEXT!
Forcément, quand on a compris ça, c'est à dire, à trente-cinq ans, on passe vite à autre chose.
Souvent, d'ailleurs, je me dis, bordel, je voudrais avoir vingt-cinq ans et savoir tout ce que je sais, je serais redoutable. Mais même pas, je crois.
Mais ce que je sais, et toi petite, prends en de la graine, c'est qu'ils reviennent toujours! C'est littéralement prouvé! Le seul, pour lequel, au final, je n'ai aucune certitude, c'est bien évidemment le goujat. Sans doute, parce-que c'est véritablement un cas à part, un ovni, et que même j'espère qu'il ne reviendra jamais, tant je l'ai aimé.

Bref, tout y est. Ryan finit par la trouver et l'inviter à boire un verre, ou je ne sais quoi, chacun repart gentiment de son côté.
Dans un rendez-vous Tinder, Ryan se serait jeté sur toi pour te rouler une pelle, sans que tu ne prennes garde. Sauf que là, va y avoir rencard au ciné, où les deux tourtereaux vont progressivement se prendre la main, je meurs.
Puis, je ne vais pas tout te raconter mais c'est dans cet ordre que tout devrait se produire.
A aucun moment, dans le film, il n'est question de sexe, je respire.
Justement, dans notre monde à nous, tout respire, transpire le sexe. On doit consommer, de suite, maintenant, et pourquoi faire. Pour rien.
Dernièrement, un mec que j'ai rencontré, parlait de ça, parlait du sexe comme d'une performance.
Je ne mens pas, c'est le mot qu'il a employé qui m'a sauté aux yeux: performer. Et j'ai trouvé ça vraiment moche et triste.
Et j'ai décidé de partir vivre sur la planète "La La Land" où tout n'est que robe pastelle et cintrée, jeu de séduction fabuleux et baisers langoureux.
Non mais c'est vrai, aujourd'hui, on couche avec quelqu'un comme on lui prendrait la main. Les étapes sont brûlées, le jeu de séduction éludé, la cour totalement bâclée.

J'insiste, je suis lourde peut-être mais je m'en fiche, moi j'ai déjà fait le tour de la question, de la performance et de tout la smala et je vois bien que j'ai envie d'autre chose.
Alors tes cinquante textos pour pouvoir passer à l'acte, tu peux te les garder, si tu ne comptes pas me rappeler après avoir  passé la nuit avec moi.
Séduis moi d'abord, garantis moi que tu seras là et on verra, qu'il ne soit à aucun moment question de sexe, mais d'amour.
Je veux porter une robe jaune, me faire vanner toute la soirée et rentrer chez moi sans te lancer le moindre regard.  Je veux qu’après m'avoir jetée, tu me fasses une cour du feu de Dieu et que j'ai le loisir de dire oui ou non, ou oui mais non, ou non mais oui.
En écrivant cela, je me rends à l'évidence, je vis dans un monde parallèle. Mais j'y crois.
Je sais qu'un jour, je le regarderai les yeux au bord des larmes de tant de joie, de bonheur d'aimer simplement, et d'aimer sincèrement.
Et finalement, c'est vrai, on me l'a dit plusieurs fois, ça ne sera qu'un plus.
Tu dois penser que je suis débile,et  naïve de vouloir partir vivre dans "La La Land", mais détrompe toi. Je suis parfaitement lucide, sur ma situation et c'est juste une manière de mettre des mots sur ce que je serais en mesure d'accepter aujourd'hui.
Et c'est donc ce qu'à fait ce film pour moi. Juste savoir que le sexe pour la perf n'a aucun intérêt mais qu'on me parle d'amour.
Savoir que je préfère être seule que d'être avec n'importe-qui.
Y a dix ans déjà, ce que je cherchais avant tout c'était l'amour, mais je me trompais souvent et puis je manquais de patience.
Mais tu sais, ce soir, Lino m'a couverte de baisers. Il sait faire les bisous pour de vrai depuis une semaine environ. Il a embrassé son frère, ma cousine, son cousin, ma tante, ma mère, le chien, le chat mais pas moi.
Puis ce soir, j'avais la tête reposée sur l'accoudoir du canapé, il ne m'a pas fait un baiser, mais dix, que dis-je, vingt, il m'a couverte de baisers.
J'ai trouvé ça dingue, j'ai trouvé ça fou, les larmes me sont montées aux yeux, bien que je ne pleure plus. Et j'ai su, à ce moment là, que celui là, de l'amour il m'en donnerait un sacré paquet.

Alors quoi. Pour le reste, ça peut bien attendre. Je peux bien me payer le luxe d'être difficile maintenant que je sais ce que je veux non?
On résume, se faire tirer par les cheveux, porter une robe jaune, puis inverser la tendance, se prendre la main, et être ému jusque dans les yeux, jusque dans le cœur.
Fais moi danser, fais moi rire, fais moi chanter, fais moi t'aimer.
Mais en attendant, les baisers de Lino et d'Eneko me combleront.

"It's an another day of sun..."


jeudi 9 février 2017

Run Baby Run

"Le secret, ce ne sont pas les jambes. C'est avoir le courage de sortir, et de courir lorsqu'il pleut, qu'il y a du vent et de la neige.
Lorsque les éclairs s'en prennent aux arbres, lorsque les flocons de neige ou l'averse de glace te cinglent les jambes et te font pleurer.
Pour poursuivre, tu dois essuyer les larmes, pour voir les pierres, les murs ou le ciel." Vaincre ou mourir. Kilian Jornet.

Justement, pas plus tard, que mardi soir, Philippe et moi sommes partis courir en début de soirée. J'avais peur de la pluie, et lui ai donc demandé par texto si l'on maintenait notre entraînement.
Ce à quoi, il m'a répondu :"Eh Barbie, on va pas s'échapper pour trois goutelettes!"
Lorsque nous sommes partis de la Côte des Basques, c'était beau, le ciel est bleu orage, avec tant de nuances qu'il était difficile de dire véritablement s'il était gris, bleu gris, bleu orage. La mer était tumultueuse, et je me suis surprise à sourire lors des premières foulées.
Je me suis sentie vivante.
Puis, au fur et à mesure que nos jambes foulaient le bitume, le vent s'est levé, et lorsque nous sommes arrivés à Anglet, nous avons pris tout le sens de la mesure si moindre (humour) des trois fameuses goutelettes dont Philippe parlait quelques heures auparavant.
Un orage, que dis-je, des bourrasques, et de l'eau en veux-tu en voilà.
Peu importe, nous étions là, sans autre moyen ou d'autre alternative que de poursuivre notre chemin.
Je me suis surprise à sourire encore une fois. Je me suis dit qu'au moins, j'aurais pas trop chaud.
Puis, ça s'est calmé, puis non, arrivés à la Grande plage, on faisait du surplace à cause du vent et même si mes jambes avaient envie de hurler, moi dans le fond, j'avais envie de rire.
Je me suis dit qu'il fallait en passer par là. Qu'au final, pour ne plus jamais avoir mal au cœur, je devais avoir mal au corps et que tout me semblerait tellement relatif après tout ça.
Puis lorsque j'ai réussi, à franchir la dernière de ces putains de cent marches, Philippe m'a checkée, comme un pote et ça m'a émue.
Il m'a dit: "tu verras, quand on gagnera le SwimRun en mixte au scratch , on s'en souviendra de cette sortie".
Sur lui, il  y aurait tant de choses à dire mais je me tairai car je sais qu'il n'aimerait pas que je parle de lui. Je dirai simplement que c'est la rencontre d'une Barbie bardée de paillettes et d'un ours qui s'est laissé amadouer.
J'ai jamais vraiment été une filles à copains, à potes.
Je ne sais pas si tu as déjà remarqué, mais il y a des filles qui sont très douées pour ça.
Elles adorent la compagnie des garçons, se considérant comme leur égal. Elles n'aiment pas trop les filles, mais les mecs, ah ça elles ont plein de copains.
En définitive, ça n'a jamais été mon trip, moi je suis très copines, très girlsband, j'ai peu d'amis garçons et ceux que j'ai sont en fait des amis du goujat en fait.
Des amis, en somme, qui m'ont adoptée, et sur qui j'ai pu compter dans les moments les plus délicats. J'en ai peu c'est vrai, mais je me sens chanceuse qu'ils n'aient jamais pris parti.
Je n'aurais pas aimé qu'ils me disent: "ouais c'est un salaud, ceci cela", j'aurais détesté qu'ils me tournent le dos parce qu'ils le connaissaient depuis la maternelle.
Ils ont fait ce qu'ils avaient à faire, parce qu'on a beau dire, (surtout lorsqu'on les voit à l’œuvre aux fêtes de Bayonne par exemple), mais ce sont des mecs des vrais, des mecs intelligents, je te jure.


Petite interlude, tout ça pour te dire que même courir sous la tempête, me calme.
Comme je t'avais dit, j'ai de grands projets. Enfin, un surtout! Mais je m'y adonne à fond les ballons.
Pas forcément pour qu'on se dise, oh lalala, regarde comme elle est forte, sa course c'est difficile einh, quel mental.
Non, c'est plus que ça. En fait, ce qu'on pense de cette course comme de moi d'ailleurs, je m'en moque comme de l'an quarante.
Je crois qu'en fait, j'ai des choses, beaucoup de choses à me prouver.
Tu sais, j'ai raconté beaucoup de trucs, j'ai pris beaucoup de photos cette année, mais dans le fond, qui suis-je vraiment?
J'ai tenté des tas de choses, pour me sentir vivante, pour oublier d'où je venais, pour oublier le goujat, pour oublier tout l'amour que j'avais pour lui.
Qu'est-ce que j'ai appris?

J'ai appris qu'on efface pas la plus grande histoire d'amour de sa vie d'un coup de baguette magique, malgré les circonstances plus déplorables les unes que les autres.
J'ai appris que côtoyer des altruistes hédonistes, c'est drôle sur le moment mais inutile, et qu'au final, on a plus de chance de bien le vivre lorsqu'on prend les choses à la rigolade.
J'ai appris que côtoyer  des menteurs indécis, c'est perdre son temps. D'autant plus lorsqu'on se rend compte que le spécimen en question n'est finalement pas un homme un vrai, la bonne blague. Mais bel et bien un baltringue paumé, seul et ayant l'audace de me comparer à sa nouvelle conquête, hybride de Mariah Carey et de Kim Kardashian.
Ce beau parleur dirait que je suis abjecte de suffisance et de mépris, certes mais que veux tu c'est ce qu'il reste lorsque le cœur est empli de déception et de rancune de s'être faite berner par trois belles phrases à deux balles. Mytho, beau parleur de pacotille, ta maman aurait honte de ta manière de te comporter, allez oust, dégage de là!

Et finalement je réfléchis, je m'interroge forcément sur ce que je veux vraiment.
Nicole m'a fâchée lors de notre dernière rendez-vous. elle m'a dit: "mais enfin, vous ne vous rendez pas compte de qui vous êtes, vous êtes un astre, une étoile, une reine, prenez soin de vous, faites vous du bien, quand même!"
Elle me dit ça à chaque fois, et à chaque fois, je ne sais pas par où commencer, je me sens découragée.

Elle me dit: "mais enfin, vous n'avez pas besoin d'un homme, vous avez besoin de vous, vous avez besoin de vous aimer, juste ça".
Je suis réellement découragée lorsqu'elle me dit cela. Et puis finalement, je me dis que c'est peut-être comme se retrouver face à la Rhune ou à l'Artzamendi, c'est se dire, ok, il y a beaucoup à grimper, et en plus, il va falloir redescendre. Je vais prendre les choses les une après les autres,  et gérer comme je peux.

Je vais accepter de souffrir, d'avoir mal, je  vais m'écouter là pour une fois.
Puis, je vais aussi respirer à plein poumon et me dire que j'ai de la chance, reconnaître que dans mon malheur j'ai une chance infinie.
Je vais accepter de me suffà moi même et ce ne sera pas chose aisée.
Je sais bien qu'au final j'étais pas prête et c'est bien pour ça que j'ai confondu un homme, un vrai avec un tocard. J'étais pas prête.
Je devais d'abord être heureuse d'être seule avec moi même, mais j'ai voulu brûler les étapes, toujours ce temps, source d'angoisse bordel.
L'autre jour, une collègue m'a dit en parlant du goujat, mais pourquoi tu l'as aimé, s'il était si goujat?
Et je me suis rappelée.
Je me suis rappelée à quel point j'étais fière de me balader à son bras. J'ai jamais été si fière d'être avec un homme qu'avec lui.
J'étais fière de le présenter, il était beau, brillant, mais pas moins nocif.
J'étais en pâmoison lorsqu'il prenait la parole en public. Il avait cet esprit de contradiction  et le petit air qui allait avec, qui me laissait totalement admirative, moi qui avais si peu confiance en moi.
Il aurait contredit Nietzsche, pour le plaisir de batailler, et ça le rendait séduisant, j'avoue.
Sa fossette gauche se creusait, son regard frisait et j'étais conquise.
Et Aujourd'hui, je me dis, qu'au final, il a beau être ce qu'il est. Il a beau avoir vendu tous ces principes, toutes ses valeurs, au diable, il reste celui qui m'a faite vaciller en quelques secondes.
J'ai eu de la chance, finalement de savoir ce qu'est un coup de foudre. Je sais qu'il a l'a eu aussi et qu'il ne l'aura plus jamais.
Je sais qu'il a merdé et qu'il n'aimera jamais la vilaine comme il m'a aimée moi. Et ça me suffit.
Tu vois comme j'ai grandi. Et aujourd'hui, donc, je n'accepterai quelqu'un dans ma vie que lorsque je serai fière d'être à son bras comme je l'étais au sien.
Et aujourd'hui, pour me suffire à moi même, je me nourris de sport.
Lorsque je glisse dans l'eau, je me purifie, je me déleste de tout mon chagrin, c'est comme me laver, me débarrasser de toutes ces mauvaises ondes et c'est salvateur, j'avoue.
Et lorsque je brasse l'eau avec mes bras, je me sens immense, et lorsque j'ai mal, je me sens heureuse, oui, j'avoue.

Et lorsque je grimpe, je me souviens que j'ai cru mourir, j'ai cru que je ne survivrai pas de tout ce chagrin, puis si. Comme quand je grimpe, que j'ai envie d'enguirlander ma coéquipière, et qu'au final, après un pied devant l'autre, je me calme seule.
J'ai pas eu le choix en fait.
Puis lorsque je cours, ah lorsque je cours, c'est un rendez-vous avec moi même, que je ne raterais pour rien au monde. Puis parfois un rendez-vous avec lui aussi.
Je règle mes comptes, un peu, beaucoup, passionnément.
Parfois, elle me reproche de trop l'idéaliser depuis qu'il est parti mais j'y peux rien;
Je me rends compte qu'au final, depuis, que je suis née, c'est le seul type avec mes fils, avec mon tonton, qui ne m'a jamais fait défaut, alors quoi!?
Je règle mes comptes avec lui lors de mes sorties, ouais, et je lui dis, tu te rends compte, j'arrive plus à pleurer depuis que t'es parti. Des fois, je me force pour la forme, mais j'y arrive plus, les larmes se ravalent d'elles même.
"Mon visage aussi s'est ridé, mon cœur lui s'est bridé
Un truc en moi ce matin-là s'est brisé
Et même si je réponds ça va merci
J'ai dans la bouche comme un mauvais goût d'inertie
J'essaye de le masquer mais c'est dur , je te jure ouais, putain c'est dur
J'ai l'impression qu'il y a plus rien, j'ai peur en fait
Depuis que tes yeux me regardent plus, il se passe plus rien" Un ange dans le ciel. Kool Shen.

Je règle mes comptes avec lui mais peut-être qu'au final c'est ce qu'il voulait, lui que j'arrête de pleurnicher pour un oui, pour un non.
Partir, c'était me responsabiliser et c'est chose faite, et tu sais, ce projet, cette belle chose qui rythme mes jours et me tient tellement à cœur c'était comme me donner rendez-vous, me retrouver, après tout ça et accepter enfin d'être seule.

Alors j'ai arrêté, j'ai arrêté tout ça. Les sorties, les rencards, mon temps libre je le passe avec moi même, j'avoue. Et à mesure que les muscles souffrent et se dessinent, je me retrouve, à mesure que j'accumule la fatigue articulaire, musculaire, je revis, finalement, c'était aussi simple que ça.
Alors, voilà, il m'aura fallu, un an, t'imagine, 365 jours, 8760 heures, avant de comprendre que je dois être seule et que j'ai juste besoin de ça, pour me sentir vivante.
Tu sais quoi, rendez-vous en juin, je vais faire des merveilles.
  Et sur ce, je te laisse avec Ed Sheeran, et cette petite faribole qui me fait littéralement craquer.
C'est comme ça, comme ce rythme, comme cette tchatche que je l'imagine, celui dont je serais fière, tu vois.
Je t'embrasse...




jeudi 19 janvier 2017

Menteur indécis

 "Je meurs à l'instant, si l'envie me reprend de remettre ma tête dans la gueule du serpent. De me laisser encore crucifier le cœur pour un joli sourire..." Putains vous m'aurez plus. Saez

Le célibat a le net avantage de découvrir des choses, que dis-je!  Des espèces qu'on aurait jamais eu la chance de rencontrer si l'on était resté en couple.
Au final, je me questionne, je m'interroge, je me demande ce qui est le mieux? Rester en couple avec le pire macho macho man que la terre n'ait jamais porté? Ou rencontrer des espèces, eh Non, à la manière de l'altruisme hédoniste, toujours pas en voie de disparition! MAIS! !! Plus exotiques les unes que les autres! Je ne sais pas, Non vraiment! Peut-être que j'opterai quand même pour la seconde proposition, histoire qu'on rigole un coup!
Il y a un petit moment, je ne sais pas si tu te souviens, mais je t'avais parlé de l'altruiste hédoniste, tu sais, ce serial dragueur, chopeur, spécialiste, docteur es drague et plus si affinités.
Aujourd'hui je choisis de te parler d'une nouvelle espèce, que tu connais sans doute, quelque peu plus rare, mais pas moins surprenante et consternante en la matière. J'ai nommé : "le menteur indécis", plus précisément qualifié par Valérie (qu'on ne présente plus) de "trompette" ou de "tocard".

Plus sérieusement, si je me souviens bien, je crois, il me semble, que je n'avais jamais approché cette catégorie d'aussi près.
Tu es comme moi, tu es prévisible, et je sais qu'en soirée, tu vas sans doute davantage cligner des yeux sur le pilier de bar, l'accoudé au comptoir, celui qui te regarde d'un air de prédateur, peut-être même raccoleur. Tu vas sans doute davantage saigner du nez pour le type là, au sourire aguicheur, au regard de velours et aux épaules de trappeur, bien plus que pour le menteur indécis.
Si je réfléchis bien, je dirais que le menteur indécis aurait été le poète, le ménestrel du seizième siècle.
Non, tu ne te serais sans doute pas retourné sur lui, parce-que déjà, il n'évolue pas forcément dans le même monde que toi, et souvent, je dis bien, souvent, les apparences sont trompeuses.
Contrairement à l'altruiste hédoniste dont tous les gestes, toutes les attentions, sont dirigées dans un seul et unique but, celui de te ramener chez lui, chez toi, de consommer et adios los amigos.
Le menteur indécis est tout sauf ça.
En apparence, c'est un type bien, très bien même. Tu vas même finir par croire que c'est un homme, un vrai.
Dans un premier temps, il attendra quinze rendez-vous avant d'oser t'embrasser.
Dans un premier temps, ce type est l'essence même du gentleman célibataire. Mais pourquoi, justement est-il célibataire puisqu'il est si fabuleux? That is the question!
Si tu es naïve et débile mentale, un peu comme moi, tu vas mettre un certain laps de temps à comprendre le  comment, du pourquoi de sa stature. Mais ne t'inquiètes donc pas, je vais tout t'expliquer tranquillement sur cette espèce incroyable, insaisissable, euh, non peut-être pas tant que ça finalement.
Cet oiseau ni plus ni moins, relativement rare, si j'en crois mon expérience est un adepte de l'amour et des choses bien faites.
Souvent le pinpin, est un type, on ne peut plus bien éduqué, par sa maman, peut-être trop même.
Et surtout ce mec est amoureux de l'amour.
Au lieu de tenter une approche à l'aide de promesses plus lubriques les une que les autres, lui va te parler de sa conception de l'amour.
Au départ, t'es méfiante, tu ne sais pas trop, tu n'es pas spécialiste de l'espèce faut dire. Tu pars un peu en terre inconnue.
Puis, peu à peu, tu te dis pourquoi pas.
Au bout de trois jours de relation, il tentera un "je t'aime tellement" qui te donnera quand même un peu envie d'éclater de rire. Soit; Tu vas tout de même te faire avoir comme une bleue.

Parce-que, faut pas croire, en dessous de nos grands discours féministes, ouais je suis un mec, ouais j'ai besoin de personne, nous sommes toutes pour la plupart, des petites fleurs fragiles, qui n'attendons qu'une chose. Le prince charmant sur son grand cheval blanc.
Et le menteur indécis c'est quand même l'illusion qu'il donne au commencement.
Il n'a pas forcément de cheval blanc, c'est vrai, mais il a une belle voiture propre et bien rangée, pas parsemée de miettes de chocolatines et de ballons de baudruche comme la mienne. Il présente bien, faut dire, et il sent bon.
Le menteur indécis te donne l'impression d'être la septième merveille du monde. Et forcément, question d'expérience quand tu as été affublée, du charmant sobriquet de "grosse boulie" pendant sept ans, bah au bout d'un moment, assez rapidement même, tu mords à l'hameçon.

Le menteur indécis te demande souvent ce que tu peux bien lui trouver. Au début, je te cache pas, que tu restes perplexe et légèrement agacée, par ce manque d'assurance, toi qui est abonnée aux altruistes hédonistes à la confiance et l'égo surdimensionnés. Puis finalement, y a pas à dire, ça finit par t’émouvoir.
Cette espèce, eh non, pas en voie de disparation, va faire les choses bien, du début, mais non, ne t'emballe pas, hélas, pas jusqu'à la fin.
La lune de miel, comme on l'appelle dans le jargon, va être faste et pleine de promesses, avec cette "trompette".
Ah, tu vas en entendre des projets, des conneries sans nom, sans même que tu ne demandes rien.
Parce-que le menteur indécis, ce qu'il veut au fond, c'est que tu l'aimes. C'est aussi simple que cela!
Alors, au delà de toutes ses brillantes interventions concernant ton physique, ton intellect, ou tout simplement ta personne dans sa globalité, tout sera dirigé dans l'unique but que tu tombes amoureuse.

Je ne sais pas, autant avec l'altruiste hédoniste, les illusions sont de courte durée, les attentes sont dangereuses et inutiles, autant là, à un moment donné, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, tu risques de tomber les masques et de lever le voile, bêtement.
Piège, erreur, warning de survie.
Attention, ne saute pas dans le puis à pieds joints, c'est une entourloupe, crois-moi.
Le menteur indécis n'est pas l'homme, le vrai.
Ah ça oui, il va t'abreuver de textos, d'appels toute la journée, et bichette, tu vas te sentir importante, voire même irremplaçable, il n'en est rien!
Ce type est le prototype même de ce qu'on attend, en apparences, évidemment.
C'est l'illusion, que dis-je l'hologramme d'un type qui n'existe pas!
Il va rentrer, s'incruster dans ta vie, sans même que tu aies eu le temps de dire ouf.
Plus sérieusement, qui envoie des messages à une femme dix fois par jour, bourrés de petits bonhommes avec des cœurs dans les yeux?
Qui lui demande le plus sérieusement du monde où elle se voit dans un an, parce-qu'il a furieusement envie de vivre avec elle? Moi, qui ne sais pas concrètement, où je serai dans dix minutes, je te cache pas, qu'il a fallu improviser là!
Qui la prévient de ses plans avec ses potes et abrège la plupart du temps ses soirées pour être avec elle?
Le menteur indécis ne répond pas à tes attentes, meuf, il les anticipe!
Et ça, crois-moi, c'est contre nature.
Je te cache pas, y a un moment, je ne sais plus lequel, où j'ai clairement cru que ça pouvait être ça la vie.
Un mec qui  fait le ménage chez toi quand t'es pas là, t'envoie des roses pour vos un mois de relation, parle derrière toi pour te donner des conseils quand t'es au téléphone avec ta mère ou tes copines.
Non, arrête, réveille toi ma grande, ça n'existe pas.
J'aurais du, un temps soit peu, écarquiller les yeux bien grands, me poser, et surtout me poser les bonnes questions, non, non, comme d'habitude, j'ai foncé tête baissée et je suis tombée stupidement amoureuse de ce grand tocard.
Là où j'aurais du me méfier, c'est quand je racontais un peu la manière dont ça se passait à mes copains, qui sont pour la plupart des altruistes hédonistes en puissance.
J'en revois un, plus particulièrement, hocher la tête d'un air grave et me souffler: "ah oui, il est fort, très fort".  Bah tiens! Tu m'étonnes, je te le dis, haut et fort, dans la famille de l'enfoiré affectif, on a trouvé mieux que l'altruiste hédoniste, nous avons, nous avons... Le menteur indécis! Plus communément appelé "trompette" ou "tocard" de surcroît! Bonne pioche!
Puis, sauvage que tu es, quand tu t'es lâchée, lorsque tu as décidé de te laisser aller, eh bien bizarrement, le gugus est nettement moins assidu dans l'envoi intempestif de textos. Bah voyons!!!!

Sérieusement, je te l'ai déjà dit, mais cette instantanéité de communication, je ne la supporte plus.
Qu'est-ce que j'aimerais revenir à l'époque des petits mots de collégiens dans la trousse, ou des lettres apportés par le facteur.
Bordel, on savait attendre, on avait que ça à faire!
Maintenant, voilà, on attend un petit texto qui n'arrive pas bien entendu, on va faire un tour sur Facebook, et là. Eh là, c'est le drame, Monsieur est constamment connecté... Je te fais un dessin?
Faut pas être sortie de Saint-Cyr pour tirer ses conclusions.

En définitive, ce qu'attend l'altruiste hédoniste, c'est de passer un petit cinq à sept sympatoche avec toi, après quoi, il ne donnera aucune nouvelle;
Et ce qu'attend le menteur indécis, c'est que tu tombes amoureuse de lui, que tu lui donnes du sentiment, de l'assurance, ce, après quoi, il commencera à prendre ses distances. Pas classe.. On est d'accord.
On s'étonne encore! Moi, je crois franchement que c'est clair, je crois franchement qu'il faut que je revois mes exigences à la baisse.
Ah, je t'ai fait rêver avec l'homme le vrai, le parfait.
Il peut l'être parfois, te décortiquer tes crevettes dans une cabane du Ferret, te jouer de la guitare sur la plage les yeux dans les yeux sans ne rien pouvoir te promettre et disparaître, pour revenir... Un jour sans doute.
 Je crois que c'est ça la vérité. Je crois à l'imprévisibilité de la gente masculine désormais.
Et donc revenons à nos moutons, ma biche... Comme je te disais, il va prendre ses distances, être de moins en moins clair dans ses intentions et ses décisions, jusqu'au jour, où... Où tu vas devoir t'auto larguer.
Parce-que soyons claires et précises, le menteur indécis est une trompette, et une trompette n'a pas l'audace de ses, jadis, ardeurs, il subit et attend tapis dans l'ombre, que tu prennes la décision pour lui.
Parce-qu'on est comme ça, nous les filles, quand y en a marre, y a malabar, non même pas, je dis n'importe-quoi.
Quand y en a marre, on pose un bon ultimatum des familles, en pensant que ça va terriblement ennuyer, peut-être même faire souffrir le type en question! Mais non!!!! Il n'attend que ça pauvrette, que tu fasses le sale boulot pour lui! La bonne blague! Problème de timing il te dira. Réponse bateau n°3 dans le lexique, "Comment larguer une fille vite fait, bien fait!"
Mais comme la trompette, est un type bien et gentil, enfin c'est ce qu'il croit lui, parce-que nous, on en  est plus trop sûre quand même, il voudrait bien rester ami!
Et là, clairement, j'ai envie de dire, mais pourquoi faire?!?
Tu reviendras quand même parfois et il t'assènera d'un "je savais bien, que je n'allais pas te perdre tout de suite". Tocard.
Alors, ma belle, fais moi plaisir, ce jour là, si tout ce que je t'ai relaté ne t'a pas servi de leçon, regarde le, éclate lui de rire au nez, et va t'en , non vraiment, va t'en et passe à autre chose, tu ne peux rien contre la montre et ses sentiments à deux balles, qui ne durent  que trois minutes.

Je te dis ça, moi, je m'enfous, après tout, le prince charmant, qu'il aille choper Cendrillon, Blanche-Neige et toute la smala. Ma vie, je l'ai faite, j'attends rien en définitive, juste un petit sourire, un regard fiévreux peut-être, une tête qui tourne, et un truc peut être ou pas même, qui se construirait sur la durée et pas en trois minutes.
Tu vois, tout ça pour dire, qu'il y a plusieurs catégories, plusieurs espèces, on a pas fait le tour crois-moi, on va pas être déçue. Puis quoi, peu importe, pourvu qu'il y ait l'ivresse!

Et toi le menteur indécis, je ne t'oublie pas...








lundi 9 janvier 2017

The Greatest

"Running out of breath, but I
Oh, I, I got stamina....!
Running now, I close my eyes
Well, oh, I got stamina...!
 I see another mountain to climb
But I, I got stamina
 I need another love to be mine
'Cause I, I got stamina...!" Sia. The Greatest.


J'avoue, votre honneur, j'ai méchamment eu envie de me moquer de toutes les personnes qui m'ont dit qu'elles avaient hâte de passer à la nouvelle année, à l'année 2017, rapidement.
Je ne sais pas pourquoi, ça m'énervait d'entendre les gens dire, croire qu'en le passage d'une minute à l'autre, d'un jour à l'autre, d'un mois à l'autre, bref, d'une année à l'autre, leur existence allait changer.
Moi, perso, ça fait deux ans que j'attends que ça change, et ce n'est pas le mois de janvier  de la nouvelle année qui a radicalement bouleversé ma vie! Pardonne-moi, je crois que je deviens un poil sceptique.

Je ne sais pas, je trouve qu'on a une tendance naïve à penser qu'en changeant d'année civile, le mauvais sort va s'éloigner.
Alors cette année, je m'étais dit que je résisterais à tout cet engouement, pas de résolutions débiles, pas de projets, rien, nada.
Puis, finalement, une chose en entraînant une autre, me voilà bardée de super résolutions, plus incroyables les unes que les autres. Je suis vraiment comme tout le monde, peut-être pire même.
Mais attention, j'insiste, ce n'est pas à cause de 2017, c'est juste à cause de moi, à cause de mon déclic...


Fin d'année 2016, je prends encore une claque, ou deux. Je repars dans mes travers, fumer plus que de raison, ne plus manger, haïr la terre entière, surtout elle là, tu sais, je ne vais pas te faire un dessin.
C'est comme une espèce d'effet boomerang.
Autour de moi, on ne cesse de me répéter que j'avance, mais c'est faux, moi j'ai la sensation d'être engluée encore et toujours dans les mêmes tirades, je vois bien que je n'avance pas, pire, je recule.
Et surtout, je reste stoïque, avec cette terrible colère qui me dévore.
Et je n'arrive pas à trouver la clé qui me permettra de trouver la porte de sortie, un peu comme dans Fort Boyard,  et là c'est la merde, et le stress...
Bref... Il paraît que c'est normal, qu'on met au moins trois ans à s'en remettre, mais le temps, toujours ce putain de temps facteur d'angoisse... trois ans??? Pas question, ça sera moins, beaucoup moins.


J'ai discuté longuement avec mon avocate, au moment où l'effet boomerang était à son paroxysme, et que j'aurais souhaité faire un carnage, pour me venger et me libérer. Mais je n'avais toujours pas compris à ce moment là, que c'est en souhaitant faire du mal, et rendre la monnaie de la pièce, que je m'emprisonnais encore plus finalement.
Contre toute attente, c'est elle qui a eu le discours le plus libérateur que j'ai pu entendre en l'espace d'un an.
C'est elle qui m'a dit d'arrêter de me positionner en victime, mais d'accepter, de vivre avec et surtout de ne pas être une victime. C'est elle, qui m'a conseillée de lâcher, de cesser de résister car parfois, la paix intérieure c'est celle qu'on obtient en acceptant simplement les choses, et en cessant de considérer la vie comme un combat.


Je n'ai pas compris immédiatement le sens de son discours et de sa morale, il a fallu que l'idée fasse son petit bout de chemin, il a fallu souvent; que je me dise: "allez ma belle (c'est comme ça que je m'appelle maintenant lorsque je me parle toute seule, je trouve que c'est empli de bienveillance, j'aime bien), c'est arrivé, et c'est fini, tu n'y peux plus rien, c'est comme ça, c'est la vie, accepte de vivre avec, plein de belles choses t'attendent, sois simplement patiente."
Je me répète cette phrase en boucle, parce-que, concrètement, on ne peut pas dire que la patience soit mon fort. Je te promets, je vais faire des efforts pour l'être davantage, c'est ma nouvelle résolution de 2017, nan j'déconne!

Dans pas très longtemps, je vais signer les papiers du divorce, je ne peux pas te dire que j'attends ça avec impatience, on n'attend pas de signer pour la fin de la plus grande histoire d'amour de sa vie avec bonheur et excitation, non. Mais je suis quand même assez contente, de savoir que tout ça sera derrière moi. Peut-être arriverons nous un jour à avoir des relations apaisées.
Il y a encore deux mois, je t'aurais dit que non, que je lui ferai payer jusqu'à la fin de ses jours.
Mais en fait, après une énième crise d'hystérie, j'ai compris, j'ai ressenti au plus profond de moi, que je ne pouvais plus vivre comme ça.
Je sais ce que certains d'entre vous pensent. que je suis sans doute un peu folle, qu'après un an, c'est ridicule.
Et je souris, oui, vous avez raison, mais surtout, je vous souhaite un dixième de ce que j'ai ressenti pour oser, pour prétendre émettre un avis et juger.
Et peu importe votre avis, je m'en contre balance comme de l'an quarante car j'ai compris seule.
J'ai saisi que ce ne serait plus la guerre, que c'était passé, que c'était comme ça oui, que je devais me débarrasser de tout ça pour ré apprendre à vivre.
Mais tu sais, il faut sacrément l'avoir décidé.
J'ai pas décidé ça dans ma tête, comme on décide de faire une lessive de couleurs.
Non, je l'ai ressenti au plus profond de mon petit buste. Et depuis que je l'ai décidé, que je lui ai dit, tu me crois, tu ne me crois pas, je vais mieux, beaucoup mieux même.
Il y a même des jours où je n'y pense plus, il y a même parfois des jours entiers sans que cela ne me fasse mal.
Ma parenthèse enchantée s'est un petit peu plus creusée, et mon cœur est plus léger et surtout, je souris beaucoup plus, je suis tellement moins en colère, première résolution.
Plus de guerre, non.
Parce-qu'au final, faire la guerre, être en colère, ça amène quoi... Le mal c'est à soi même qu'on se l'inflige et ça c'est pas possible.

Seconde résolution, j'ai arrêté de fumer encore.
J'ai mis un terme à cette addiction dégueulasse pour plusieurs raisons, vois-tu.
Déjà, parce-que je fumais tous les soirs sur ma terrasse et que je guettais toutes les voitures, au cas où quelqu'un viendrait me faire une surprise.
Sauf qu'on est pas dans une comédie romantique américaine, ici c'est la vraie vie, et à ma connaissance, personne n'est jamais venu me chanter une petite chanson du parking ou lancer des petits graviers sur ma baie vitrée pour me déclarer son amour ou me faire une petite blague.
donc maintenant que je ne fume plus, je ferme le store et comme ça, j'arrête de croire au père Noël ou à je ne sais quoi d'autre d'ailleurs.
Et puis, j'ai des projets, moi, Madame. Oui, oui, un projet  sportif complètement fou fou.
Je crois que comme beaucoup d'entre nous, j'ai besoin de défi, pour me sentir libre, pour me sentir vivante.
Et bizarrement, j'ai vraiment besoin de me faire mal, d'avoir mal.
Pour le coup, je vais pas me rater, mais quoi te dire?
Je n'ai plus mal au cœur, non, alors je vais me faire mal au corps, pour voir jusqu'où je peux aller, pour voir où se situent mes limites physiques, pour les repousser encore et encore et me sentir grandie de cet exploit.
Je ne sais pas pourquoi, je parle déjà d'exploit, j'ai toujours eu une confiance en moi surdimensionnée en matière de performance physique.
Je ne peux pas te l'expliquer.
Quoiqu'il en soit, j'ai commencé et j'y crois, j'en ai tellement envie.
Finalement, je ne sais pas toi comme tu as vécu 2016, mais moi, je crois que j'ai subi.
Je crois vraiment que j'ai fait ce que j'ai pu pour avancer, pour survivre, plus que pour vivre en fait.

Hormis les moments passés avec mes enfants, je n'ai pas la sensation d'avoir été heureuse, un peu oui, mais pas assez par rapport à ce qui va se passer en 2017.
Nous y voilà...Tout n'est définitivement pas perdu.
Au début, je n'y croyais plus non, mais maintenant, je te conseille de faire des projets, c'est sans doute la meilleure façon d'agir, moi c'est comme ça que je le vois et c'est comme ça que j'y crois.
J'ai déjà tout organisé dans ma tête tu parles...
Jusqu'en Juin, je m'entraîne. Cela va me prendre un temps fou, une énergie démesurée et je me sentirai libre, tellement libre.
Cet été, je partirai en vacances avec mes chatons, rien que nous 3.
Puis juste avant, j'achèterai une nouvelle voiture, on ne sera plus jamais rabord, quand on partira quelque part, on sera  top confort.
Puis entre temps, on aura des tas de tranches de vie, des tas de sourires et d'éclats de rires à 3.
On sera très très longtemps à 3, je crois, parce-que je crois, tu vois, qu'il n'y a personne encore aujourd'hui qui nous mérite nous 3.
Et puis entre temps, on mangera plein de glaces, et il y aura des fêtes aussi avec les copines, beaucoup de verres de blanc et de champagne, beaucoup de tapas, et de rouge à lèvres, et des jolies rencontres, j'espère avec des sourires ravageurs, et des regards ténébreux, des discussions engagés, et stimulantes intellectuellement parlant.
Une copine l'autre jour m'a soufflé dans l'oreille "2017, l'année de la quequette!", ce à quoi, tu te doutes, j'ai ricané pendant dix minutes.
Mais moi, je te le dis, einh, 2017 sera super chouette.
J'espère pouvoir faire le bilan, et te dire que cette fois ci, non, je ne me suis pas écroulée, je suis restée figée, droite comme un i, toujours digne, toujours garder la tête bien haute surtout, tu te rappelles.
J'espère pouvoir te dire que cette fois ci, oui j'ai agi sur ma vie.
Allez je te fais une bisette et on en reparle vite, très vite! Et sinon... Beth Ditto a tout compris elle aussi!

"One step closer and feeling fine
Getting better one day at a time
I'm moving forward with all of my might
I'm heading talk with a new state in mind
So I hold back tears
Move in the right direction
Face my fears
Move in the right direction" Move in the right direction. Gossip





dimanche 27 novembre 2016

Melrose Place

"Tough girl, I'm in pain
It's lonely at the top, black outs and airplanes
And I still pour you a glass, of champagne
Tough girl whose soul aches
I'm at home, on my own
Check my phone, nothing, though
Act busy, you order in
Pay TV, it’s agony

  I may cry ruinin' my makeup
Wash away all the things you've taken
And I don't care if I don’t look pretty
Big girls cry when their hearts are breaking" Sia


J'ai peur, je voudrais récupérer la clé de chez moi, je voudrais récupérer la clé de mon cœur. 
Je voudrais me barricader et me cacher.
Je voudrais jeter mon téléphone par la fenêtre, pour ne pas passer mes journées, mes soirées, les yeux rivés dessus.
Je voudrais lentement peser le pour et le contre, lentement effectuer mes provisions du cœur et ne plus jamais les céder, même pas pour le moindre dollar, même pas pour le moindre sourire aguicheur ou de belles paroles sorties de nulle part, qui n'ont, en définitive aucune valeur.

Je voudrais être en 2006. On ne savait pas que nos vies ressembleraient à ça.
Tu te souviens comme nous étions confiantes? Comme nous pensions, que passé la trentaine, tout serait plus simple, on aurait construit de belles choses, avec de belles personnes et on ne se poserait plus de question.
Mais nous nous sommes trompées au final.
Nous pensions que si c'était pas celui là, ça serait un autre.
 Nous pensions, qu'une fois, le précieux sésame obtenu, la mutation dans le Sud-Ouest, tout serait plus simple. Mais c'était faux.
C'était, il y a dix ans que tout était plus simple.
Pourquoi donc? Parce-que nous étions confiantes.
Parce-que nous savions, qu'il nous attendait des trucs incroyables. Il y en a eu, évidemment.
Mais j'ai la sensation, ce soir, d'avoir répété toujours les mêmes erreurs, d'avoir effectué toujours les mêmes mauvais choix.
Ah ça non, on n'avait pas pensé au fait que dans la construction, parfois, il y a aussi la déconstruction.
Qu'elle demande du temps, ou peu, et qu'au final, c'est toujours la même chose, toujours la même douleur, toujours le même chagrin, qui se dissipe, au fil du temps et des bons moments passés ensemble.
Sauf qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas tout le temps ensemble.
Et c'est peut-être cela qui fait que c'est tellement difficile.
Faire en sorte que les jours passent, avec toujours cette horrible angoisse du temps.
C'est vrai, un jour de passé, c'est un jour de gagné sur notre vie.
Sauf qu'on est plus tout le temps ensemble.
Tu te souviens comme on guettait l'arrivée de l'une, de l'autre, à la coloc.
Tu te souviens comme on riait de se voir. Des fois, on s'engueulait aussi, je te détestais et toi... Toi, forcément, t'avais envie de me filer des gifles.
Et tu te souviens comme on se moquait, comme on riait.

On riait fort, partout, dans le salon, dans la rue, chez Monop, lorsqu'on revenait les bras chargés de gâteaux, de chocolat, de sauciflard, j'en passe et des meilleurs.
Dois-je rajouter, qu'à cette époque, nous ne prenions pas un gramme non plus, ah la belle époque.
On riait tellement, tu te souviens, au jardin du Luxembourg, quand j'avais refusé de céder ma chaise, sur laquelle reposaient mes pieds.
T'en revenais pas, tu m'avais regardée par-dessus tes lunettes de soleil et tu m'avais chuchoté: "Mais en vrai, t'es une connasse!"
On riait quand on revenait de soirée, et que je disais à 10h du matin, à la boulangère, "Bonsoir, une chocolatine s'il vous plaît".
On riait si fort quand tu disais aux mecs qui te draguaient: "Dégage, tu m'dégoutes!".
Mon Dieu, j'aurais du en prendre de la graine, tiens.

Mais tu sais, je vais faire mon utopiste.
Y a des jours, où je me demande si ça ne serait pas plus simple qu'on habite toutes dans une résidence Melrose Place.
Je m'explique. On y vivrait, toi, moi, et toute une bande de copines. Nous et les gosses.
Je ne me traînerai pas ma solitude au moins. 
On serait toute une clique de gonzesses, à organiser des virées au parc, à la plage, aux structures gonflables qui puent des pieds.
Tous nos enfants s'éclateraient ensemble, et pendant ce temps, on referait le monde et on rirait tellement.
Le soir, bien entendu, chacune chez soi, les devoirs, le bain, le repas, puis une fois, les gosses couchés, on se retrouverait pour boire un verre, mater un film ou discuter, dans l'appartement de l'une ou de l'autre.
Mais surtout, il n'y aurait pas de mari, pas de chaussettes sales, de rugby à la télé, d'entraînement, de retour de beuverie, de déception ou de prise de tête.
On aurait des droits de visite, des amants de passage, sans lendemain, et surtout pas de prise de tête.
Et lorsque l'une d'entre nous, aurait conclu, il y aurait conseil de guerre dès le lendemain afin de partager tous les détails les plus croustillants.
Comme il y a dix ans, tu te souviens?
Tu te souviens de cette fois, où parce-qu'un goujat n'avait pas voulu me déposer, j'avais cherché la bouche de métro pendant une demi-heure sous la pluie.
Tu pleurais de rire, lorsque j'étais rentrée excédée.

C'était plus simple, on s'enfoutait parce-qu'on était nous. 
Parce-qu'on avait de la bienveillance l'une envers l'autre, et qu'on savait se dire les choses et se parler.
Il y a toujours eu beaucoup de bienveillance et d'honnêteté entre nous.
L'autre jour, je me posais des questions et tu m'as dit, entre autre, que je devais cesser de calculer, que je devais être moi parce-que c'est comme ça que tu m'aimais, avec mes défauts et mes qualités.
Et que si quelqu'un m'aimait vraiment, il n'aurait pas d'autre solution, que de me prendre, toute entière, avec mes valises, mes casseroles, mes coups d'éclats mais surtout, avec tout ce qu'il y avait de positif.
Et tu as tellement raison.
Quand j'y pense, t'as toujours été là. Parfois, tu m'as dit," mais je ne sais pas quoi te dire moi". 
Mais tu es restée là. Tu m'as proposé de venir même, de tout plaquer pour venir, juste pour me serrer dans tes bras, ou tenter de me faire marrer, en jouant du crayon. Tu te souviens de cette connerie, même dix ans, après, avec Yannick, on en parle encore.
Tu m'as écoutée, tu m'as écoutée pleurer, parfois, tu m'as dit ce que je voulais entendre juste pour m'apaiser aussi.
Tu m'as souri, tu m'as parlé de toi aussi. Et moi, j'aime quand tu me parles de toi. Je voudrais être là aussi.
Et puis, on a même réussi à rire quand il n'y avait plus d'espoir, et plus matière à rire, et si tu savais.
Si tu savais comme je serais anéantie sans toi dans ma vie. 
Je repense souvent à cette fois, où l'on était en deuxième année de fac, que j'avais peur de toi.
Cette fois où tu m'avais klaxonné en voiture en me faisant mille coucous, et que je m'étais demandé "qu'est-ce qu'elle me veut celle-là".

Et si tu savais, à quel point, je ne regrette pas ce soir à la Feria, où tu étais venue me parler,  et où décontenancée, étonnée, je t'avais proposé de venir boire l'apéro chez moi.
J'avais découvert bien loin de l'image de garçon manqué que tu véhiculais, la personnalité d'une vraie fille, d'un vrai potentiel de copine;
Si tu savais, à quel point, je ne regrette pas, parce-que parfois, ce que je me dis, c'est que mon grand amour, c'est toi...


"Oh, why you look so sad, the tears are in your eyes,
Come on and come to me now, and don't be ashamed to cry,
Let me see you through, 'cause I've seen the dark side too.
When the night falls on you, you don't know what to do,
Nothing you confess could make me love you less" The Pretenders